
Caroline Laurent, la chanteuse du Big B.O.G., une voix sûre, bien charpentée. (Photo DNA- Michel Frison)
Caroline Laurent prête depuis un an et demi sa voix à l’orchestre du Big B.O.G (Big Band Obernai Geispolsheim), adepte d’un jazz moderne et électrique, fortement teinté de rock.
Ce n’est ni la voix de James Brown ni celle d’Aretha Franklin, deux essentiels de son répertoire, qui résonnent dans son petit appartement strasbourgeois, mais le chant provençal et incongru des grillons. L’explication n’est pas loin : dans un coin du salon, un lézard dort dans un habitacle de verre, le corps tapi entre deux pierres. « Il se nourrit de grillons vivants », explique notre hôtesse en montrant des boîtes en plastique remplie des insouciants insectes.
Avec son tatouage sur l’épaule et ses ongles aubergine, Caroline Laurent n’a pas vraiment un look d’étudiante sage. C’est tant mieux sur scène, o๠elle porte avec charisme les couleurs jazz-funk du Big Band Obernai Geispolsheim et ses 19 musiciens. Et sans doute préférable dans la vie : Caroline suit des études d’éducatrice spécialisée, option jeunes délinquants.
Elle fait actuellement un stage au château d’Angleterre à Bischheim, auprès de garçons parfois violents. Le métier l’a attirée assez tôt. « On y est constamment dans la remise en cause personnelle, car on doit gérer des attaques au quotidien. »
Si la musique reste un loisir, elle a toujours pris beaucoup de place dans sa vie. A Orbey où elle grandit, papa est basse dans une chorale classique ; maman, chanteuse dans un groupe de variétés, « est plutôt Céline Dion ». C’est elle qui, frustrée d’éducation musicale dans son enfance, l’incite à apprendre la musique. Ce sera la flûte à bec à six ans, puis la clarinette qu’elle pratiquera pendant dix ans : « ça aide pour la colonne d’air ». A douze ans, elle chante dans le groupe de l’école de musique d’Orbey et enchaîne à l’adolescence avec le pop-rock et le funk. « Je suis passée par toutes les phases », avoue-t-elle. Un besoin de perfection la pousse, vers l’âge de 16 ans, à prendre des cours de chant à Colmar. Malgré un timbre de voix chaud et grave, elle se découvre soprano. « Elle a une voix puissante, très sûre, bien charpentée, avec un réel travail derrière », remarque François Perrin, fondateur et pianiste du Big B.O.G, que la chanteuse a rejoint fin 2003. « Son amplitude de voix permet d’aborder des répertoires très différents. »
Le groupe, issu en 1995 de l’association entre élèves des écoles de musique d’Obernai et Geispolsheim, était alors le seul orchestre d’enseignement de jazz de la région. « Beaucoup avaient 10-12 ans à l’époque », rappelle François Perrin. Depuis, les élèves ont grandi et engrangé les succès : au concours des jeunes formations organisé par la Fédération des sociétés de musique d’Alsace en 1997, au festival des Jeunes Talents d’Illkirch en 2003…
Régulièrement à l’affiche en région, le groupe, sous la houlette de son directeur artistique Franck Quevedo, voit aussi du pays. En 2004, ils sont les seuls Français présents au 8e Festival européen des jeunes musiciens, en Suède et au Danemark. Depuis son arrivée, Caroline imprime sa marque : « Elle a souhaité qu’on joue le groupe Tower of power, qui figure beaucoup dans notre répertoire maintenant », note François Perrin. « Mais tous les musiciens apportent leur contribution. »
Catherine Piettre
Prochains concerts du Big B.O.G. : – le 21 juin à Obernai à 20h45, place du Marché, pour la Fête de la musique – le 26 juin à Strasbourg au parc des Contades, à 16h – le 22 octobre à 20h30 à la salle des fêtes de Geispolsheim, avec le BBB (Big band Bischheim).
© Dernières Nouvelles D’alsace, Lundi 20 Juin 2005.