Le Big Band Bog

Jérémy

Jérémy

Samedi soir, c’est presque tout un village qui résonnait au rythmes swing ou be bop du Big Bog. Près de 600 amateurs de jazz ont en effet contribué au plein succès de cette deuxième Nuit du Jazz à Geispolsheim organisée par l’Amicale de l’école de musique.

Soient une vingtaine de musiciens dont deux tiers issus d’Obernai, et le reste de Geispolsheim. Faites-les s’entraîner et étudier cuivres, claviers ou percussions dans les écoles de musique respectives de ces deux communes. Adjoignez-leur un meneur dynamique – le saxophoniste Loïc Cayla pour ne pas le citer, donnez-leur une scène bien échauffée, et c’est le big band de Count Basie ou de Wayne Shorter qui revit à deux pas de chez vous… Pour sa deuxième année consécutive, l’Amicale de l’école de musique de Geispolsheim a réussi le double pari d’attirer un nombre impressionnant de mélomanes toutes générations confondues, et de proposer un spectacle de qualité pour cette nouvelle Nuit du Jazz. De 20 h à 3 h du matin, plusieurs talents locaux se sont effectivement produit sur la scène de la salle André Malraux. Bed, une formation plutôt free-jazz des alentours de Colmar, a commencé par échauffer la salle avec des compositions personnelles, ou des reprises doublée d’un soupçon d’improvisation. Le premier concert augurait d’une soirée particulièrement corsée !

Cru local

Tout le monde les attendait et personne n’a été déçu: the Big Bog (Bog pour Bang Obernai Geispolsheim) et ses vingt musiciens – dont une batterie impressionnante de cuivres – ont revisité à la sauce locale bon nombre de standards du jazz post-1940 sans tomber dans le piège du politiquement correct façon swing bien établi de l’avant-guerre… Des musiciens aux qualités exceptionnelles, issus des écoles de musique locales – comme quoi il n’y a pas que les écoles nationales de musique des grandes villes qui fournissent un bon cru – ont retravaillé avec finesse un jazz somme toute grand public mais riche par la diversité du répertoire choisi et par le choix de l’interprétation. Deux autres formations se sont également partagées le devant de la scène au cours de cette nuit, dont la chanteuse Weba, à la voix époustouflante (il y a du Dee Dee Bridgewater dans l’air). Le groupe Los Brigolos est ensuite retombé, après l’éclat du Big Band, dans les bas-étages de la reprise rock, blues, bref tout sauf jazz, des reprises convenues quoique arrangées à une sauce personnelle qui a le mérite d’exister. On reste un peu sur sa faim, mais bon, on attend vivement la prochaine !

J.F. Ott, © Dernières Nouvelles d’Alsace, Lundi 22 Avril 2002

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